Netlink-F - août 2004

Netlink est le bulletin électronique pour les membres et partenaires de EPN – Réseau Pharmaceutique Œcuménique. Il a pour but de garder le contact entre les membres en informant de ce qui se passe au sein du Réseau. Si vous avez une information ou des commentaires à apporter sur le contenu ou si vous voulez suspendre un abonnement, souscrire à un abonnement ou encore recommander quelqu’un qui le recevra, prenez s’il vous plaît contact avec Info@epnetwork.org. Cette édition de Netlink-F ainsi que les anciennes sont disponibles à:
http://www.epnetwork.org/fr/netlink

Cette édition présente:

  • Recycler, réunifier et réengager

  • Rapport de la rencontre de Bangkok sur le VIH/SIDA

  • Le conseil de EPN a visité CHANPHARM au Nigeria

  • Etude de base sur l’initiation au traitement au Kenya et au Rwanda

  • Bourse Dr. Molly Thomas


Recycler, réunifier et réengager

Dans le cadre des activités du programme, EPN a entrepris une enquête auprès des leaders d’églises lors du sommet sur le VIH/SIDA des responsables de dénominations, organisé par la Conférence des Eglises de Toute l’Afrique (CETA) du 7 au 12 juillet à Nairobi au Kenya. EPN a reçu 69 réponses en français et en anglais de 21 différentes dénominations de 28 pays africains.

Les résultats ont révélé que les gens à plusieurs niveaux, tant au niveau des responsabilités ecclésiastiques que médicales, ont besoin de recycler leur formation; et que l’église doit réunifier ses approches à travers la hiérarchie entière; et que nous avons besoins de nous réengager aussi bien théologiquement que financièrement dans la lutte contre le VIH/SIDA, une maladie qu’on doit gérer comme toute autre maladie.

Résumé des résultats

Il y a de bonnes et de tristes nouvelles dans les résultats de cette enquête. Il y a des exemples de succès notoires qui peuvent inspirer une reproduction et une adaptation dans les autres églises. Il y a également des exemples qu’il est nécessaire que certaines églises aillent de l’avant. Devons-nous rechercher un score positif à 100% ou alors moins que 100% serait acceptable ? Vu le grand impact que les églises ont dans leurs communautés, que ce soit par le pupitre ou par les services de santé, l’Afrique ne peut pas admettre qu’une église, un membre du clergé ou un hôpital soit dans l’erreur.

Les personnes interrogées indiquaient que dans leurs services de santé :

  • 33% ne pourraient pas offrir PTME.

  • 43% ne pourraient pas offrir des ARV subventionnés ou gratuits à ceux qui ne peuvent pas s’en procurer.

  • 64% ne pourraient pas offrir des ARV à ceux qui peuvent s’en procurer.

Il y a la nécessité d’avoir des informations beaucoup plus actualisées :

  • 57% ne savent pas clairement si une personne qui prend des ARV peut toujours transmettre le VIH.

  • 50% ne savent pas s’il faut prendre des ARV pendant toute la vie.

La bonne nouvelle est que 17% des personnes interrogées pensent que le VIH/SIDA n’est pas une punition de Dieu, avec 80% qui pensent que c’est une maladie comme toute autre. Cependant, 57% des personnes interrogées dans les églises n’ont pas de régime d’assurance maladie pour le personnel.

Parmi les 90% des personnes interrogées qui affirment que le clergé donne des informations sur le VIH/SIDA, seulement 28% donne des éléments anti-stigmatisation.

  • 30% donnent des informations d’ordre médical pour profanes.

  • 52% donnent des conseils théologiques

  • 65% entreprennent des formations sur des thèmes généraux relatifs au VIH/SIDA

Rapport de la rencontre de Bangkok sur le VIH/SIDA

Plusieurs réunions se sont tenues à Bangkok en juillet dernier, l’un conduisant à la XVe Conférence Internationale sur le SIDA, et l’autre pendant la conférence. EPN était représenté à trois de ces rencontres. Cette année, EPN a également eu une exposition de posters dans la principale salle de conférence pour que tout le monde les voit, publiant ainsi des résultats de l’enquête auprès des responsables de dénominations. (Voir plus haut).

Forum de partenaires du Fonds Mondial (7 au 8 juillet)

C’était le premier face à face des partenaires du Fonds Mondial. Ce groupe de partenaires est une partie mandatée par le Fonds Mondial (FM). Il est constitué des acteurs et est sensé se réunir tous les deux ans. La discussion a porté sur les forces et les faiblesses du Fonds Mondial et des recommandations ont été faites en vue d’améliorer. Les partenaires ont particulièrement examiné les recommandations proposées par le Conseil du Fonds Mondial aux pays et ont suggéré que le Fonds Mondial reconsidère sa décision de les appeler « recommandations » et qu’il en fasse des « exigences ». Un des exemples était que dans le cadre du renforcement de la participation de la société civile aux Instances de Coordination de Pays (CCM - Country Coordinating Mechanism), l’on exige qu‘il soit composé d’au moins 40% de la société civile.

Il y a eu un appel fort pour une assistance technique en vue de renforcer les représentants de la société civile de sorte qu’elle puisse participer efficacement à l’Instance de Coordinatio de Pays et être responsable devant le groupe qu’elle représente. Il y a également eu des appels à renforcer le fonctionnement de ces CCM y compris le suivi, l’évaluation et la possibilité d’avoir un secrétariat indépendant du gouvernement. Plusieurs de ces recommandations ont été répercutées par les discussions au cours de la réunion sur le SIDA, organisée par le Conseil Mondial pour la Santé («Global Health Council»). La session s’est penchée sur le Fonds Mondial, le PEPFAR et la Banque Mondiale en tant qu’importants bailleurs de fonds en matière de travail sur le VIH/SIDA.

Lors de la session, il y a également eu un appel pour un financement assuré, continu et à long terme pour le traitement, ainsi qu’une allocation de la part des agences de financement permettant d’affecter un pourcentage du budget aux programmes de gestion, c’est-à-dire le coût des affaires. Les agences de financement devraient également admettre une flexibilité thématique. Par exemple pour le traitement, et la nutrition doit aussi être considérée comme faisant partie du programme. Il y a eu un appel spécial pour le renforcement des relations entre les organisations de la société civile et les organes de financement ; quant aux ONG internationales, c’est un appel à se donner afin de renforcer les capacités des ONG locales de sorte qu’elles puissent parvenir elles-mêmes à soumissionner pour des fonds. Par conséquent, des programmes en appui conseil au sein d’un réseau doivent être encouragés. La nécessité de construire et de supporter une tribune (telle le CCM) entre les organisations de la société civile et le gouvernement en vue de développer une appropriation locale des programmes est apparue comme étant cruciale.

Il y a un « Forum de Partenaires » via Internet où il sera également question de ce qui avait été discuté. Pour ceux qui aimeraient avoir plus de détails, veuillez vous joindre au groupe en envoyant un email à join-PartnersGF@eforums.healthdev.org (en anglais).

Un résumé des discussions sur le Fonds Mondial, préparé par l’Equipe de Modération des Réseaux de Santé et de Développement, sera envoyé aux membres.

Accès Pour Tous: La réponse de la communauté confessionnelle (9 au 10 juillet)

C’était une rencontre œcuménique qui a préparé la Conférence Internationale sur le SIDA. Plusieurs ateliers sur le VIH/SIDA se sont tenus, et la coordinatrice de EPN a dirigé deux sessions de l’atelier intitulé «Renforcer la capacité des organisations confessionnelles sur le traitement antirétroviral». L’atelier a connu une forte participation. Certaines questions et préoccupations cruciales de ceux qui attendent de commencer le traitement antirétroviral étaient entre autres :

  • Comment choisit-on ceux qui reçoivent les ARV?

  • Comment peut-on s’assurer que le traitement sera disponible aussi longtemps qu’on en aura besoin?

  • Les institutions pourront-elles satisfaire la demande si elle s’accroît, particulièrement lorsque les gens sauront qu’il y a un traitement?

  • Les standards seront-ils transigés afin d’offrir des services à plus de personnes; par exemple, est-ce que l’investissement dans le test et le suivi est trop élevé? (Note : au travers de ses nouvelles directives, l’OMS conseille que le manque d’équipement ne soit pas un obstacle pour accéder au traitement ni une raison pour le refuser).

  • Quand est-ce que les médicaments pour enfants seront-ils disponibles, y compris ceux pour le traitement de 2e intention?

  • Que font les gens pour parer aux effets secondaires, par exemple la toxicité hépatique?

  • Comment administre-t-on un traitement là où il n y a ni médecins ni infirmiers?

  • Comment savoir où trouver les médicaments?

Ce sont là des questions qui pourraient également préoccuper nos membres. Nous vous prions de bien vouloir partager vos expériences et nous dire comment vous avez essayé de les résoudre.

La XV Conférence Internationale sur le SIDA (11 au 16 juillet)

Cette rencontre a rassemblé près de 19 000 participants! Et on y a débattu de plusieurs sujets!

En termes d’augmentation du traitement, certaines questions soulevées étaient en l’occurrence  la reconnaissance que les traitements actuellement disponibles vont faire défaut d’ici les 5 prochaines années! Le besoin de nouveaux médicaments est donc crucial.

Tout en rendant les traitements actuels disponibles, il a été proposé que la discussion porte essentiellement sur comment faire du paragraphe 6 de la Déclaration de Doha quelque chose de permanent qui est mise en application. Les autres obstacles dont on a discuté sont la croissance des accords bilatéraux et régionaux sur le commerce libre tels TRIPS Plus, NAFTA, CAFTA, etc. Les propositions faites en vue d’aller de l’avant, visaient à encourager l’application nationale de la Déclaration de Doha dans les pays capables de les appliquer immédiatement, avec les principes des droits de l’homme pour donner la force morale nécessaire.

Il y a également été proposé que les amendements du TRIPS soient revus, paragraphe 6 Post-Doha, afin d’encourager la production locale de médicaments, et l’établissement d’une licence obligatoire unique pour les pays importateurs.

Il y avait aussi la crainte que le PEPFAR sape le programme de pré-qualification de l’OMS et même le Fonds Mondial. (Le PEPFAR fera l’objet d’une discussion lors de la rencontre annuelle des membres de EPN, le 6 octobre 2004 à Moshi, Tanzanie).

C’était un temps intense mais intéressant et il y a eu beaucoup d’informations partagées. Malheureusement, ce n’était pas possible de se «diviser» afin d’assister à toutes les sessions intéressantes. Nous souhaitons que des membres de EPN planifient de prendre part à de telles rencontres à l’avenir afin de présenter leurs expériences très pratiques en matière de programmes de financement ou de traitement du VIH/SIDA.

Le conseil de EPN a visité CHANPHARM au Nigeria

Dans le cadre du réseautage et du soutien de EPN aux membres, trois membres du conseil et deux employées du secrétariat ont visité CHAN et CHANPHARM au Nigeria en juillet. Au cours de la visite, il y a eu des discussions sur le PEPFAR et sur les prix des ARV avec le personnel de CHAN, CHANPHARM et de MSF. Certains points d’intérêts communs ainsi que des thèmes sur le plaidoyer ont été identifiés. Cela inclut la nécessité d’une meilleure compréhension du PEPFAR. Il a été suggéré que EPN et MSF examine la possibilité de joindre les efforts et plaider pour une plus grande accessibilité aux ARV, particulièrement les combinaisons à dose fixe et les nouveaux médicaments tels les préparations pédiatriques pour le traitement contre le VIH/SIDA.

CHANPHARM a plus tard attesté que la discussion sur le PEPFAR leur a été bénéfique  pour la rencontre avec des partenaires potentiels d’un consortium des systèmes d’approvisionnement.

Au cours de la visite, les membres ont également rencontré Godwin Aja, le 2e point focal du Nigeria, et deux nouveaux membres de EPN notamment Mme Grace Ebuga Miner, représentant les Eglises Evangéliques de l’Afrique de l’Ouest (ECWA), et Emmanuel Ogwuche, représentant Notre Dame de l’Hôpital des Apôtres, tous les deux à Jos au Plateau State. Nous espérons mieux les connaître alors que nous avançons.

Etude de base sur l’initiation au traitement au Kenya et au Rwanda

Le travail avec des pays membres sur le programme 3, y compris des études de base sur l’initiation au traitement au Kenya et au Rwanda, a été entrepris de mai à juillet. Nous vous présenterons les résultats dès que possible.

Bourse Dr. Molly Thomas

L’accès aux médicaments et son usage rationnel est une priorité pour tout système de santé. Malheureusement, les systèmes de santé, singulièrement ceux des pays en développement souffrent des problèmes qui entravent l’accès facile aux médicaments et son usage rationnel. Dans le passé, plusieurs individus et groupes qui étaient passionnés et engagés vis-à-vis de ce travail ont contribué de façon significative à corriger le système actuel. Cependant, nous avons davantage besoin de tels leaders qui travaillent continuellement pour cette cause.

L’Association Médicale Chrétienne d’Inde a proposé d’instaurer une bourse pour les jeunes indiens en études de médecins, d’infirmiers ou de pharmaciens afin de stimuler leurs passions et les aider à assumer des rôles de leaders en tant que chercheurs, formateurs et activistes sur des thèmes relatifs à l’usage rationnel des médicaments ou à l’accès aux médicaments.
Cette bourse d’une année offrira l’opportunité aux candidats sélectionnés d’exposer sur des thèmes soutenus par un grand activiste ou chercheur et d’appuyer la mise en œuvre d’une idée innovatrice. Cette bourse recevra le nom de feu Dr Molly Thomas, une illustre académicienne et activiste qui a consacré sa vie pour cette cause.

Si vous voulez soutenir cette bourse ou avoir plus de détails, veuillez contacter Jo Varghese à l’adresse: jvarghese@cmai.org

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