Netlink-F - septembre 2004

Netlink est le bulletin électronique pour les membres et partenaires de EPN – Réseau Pharmaceutique Œcuménique. Il a pour but de garder le contact entre les membres en informant de ce qui se passe au sein du Réseau. Si vous avez une information ou des commentaires à apporter sur le contenu ou si vous voulez suspendre un abonnement, souscrire à un abonnement ou encore recommander quelqu’un qui le recevra, prenez s’il vous plaît contact avec Info@epnetwork.org. Cette édition de Netlink-F ainsi que les anciennes sont disponibles à:
http://www.epnetwork.org/fr/netlink

Première pensée

« Avec cette espérance, nous sommes pleins de confiance. »     2 Corinthiens 3:12

Cette édition présente:

  • PAG 2004: Rappel - Rappel- Rappel
  • Commentaires sur la Déclaration des Travaux du PEPFAR
  • Rapport de la Réunion PACANet à Ouagadougou
  • Cours francophone : La promotion de l’usage rationnel des médicaments
  • Bulletin MEMS: Edition No.3
  • Article: « le PEPFAR est-il un prince charmant ou un cheval de Troie? »

PAG 2004 : Rappel - Rappel - Rappel

Le compte à rebours a commencé pour notre rencontre annuelle qui se tiendra du 5 au 8 octobre 2004 à Moshi en Tanzanie.

Rappelez vous que le PAG a été prolongé d’une journée pour donner l’occasion de discuter du PEPFAR.

Mardi, 5 octobre      Qualité des produits et des services
Mercredi, 6 octobre      Journée PEPFAR
Jeudi, 7 octobre      Réunion annuelle de EPN
Vendredi, 8 octobre      Célébrations Fondation St Luc

Nous vous prions de bien vouloir vous préparez à contribuer en vous informant des expériences de vos pays.

Commentaires sur la Déclaration des Travaux du PEPFAR sur la gestion de la chaîne d’approvisionnement

Le 16 août 2004, le Réseau a envoyé une lettre à USAID faisant des commentaires sur la version provisoire de la Déclaration des Travaux ("SOW - Statement of Work") sur le Système de Gestion de la Chaîne d’Approvisionnement (comme partie du PEPFAR). La lettre a repris les préoccupations soulevées par certains et proposait qu’il soit demandé aux parties prenantes d’assurer une participation totale à tous les niveaux et le renforcement des systèmes mis en place sur le terrain, tels les organisations confessionnelles sur la distribution en médicaments (ODM). Une copie de la lettre sera envoyée à tous les membres de EPN. Le secrétariat enverra également un article qui met l’accent sur certaines voies auxquelles les membres peuvent recourir afin de minimiser certains problèmes liés au PEPFAR.

Rapport de la Réunion PACANet à Ouagadougou

Jérôme Wolo, EPN point focal du Niger et Hans Peter Bollinger de EPN Burkina Faso ont pris part à la rencontre organisée par PACANet à Ouagadougou du 8 au 11 juin 2004, intitulée "Coordonner une Réponse Chrétienne au VIH/SIDA en Afrique Francophone". Bien qu’une variété de thèmes aient été présentés et débattus, les questions relatives au traitement ARV ont à peine été touchées au cours de la rencontre. Les recommandations qui y ont été faites ont mis l’accent sur la nécessité de faire des recherches dans des pays spécifiques avant de planifier des interventions, et sur la nécessité de former et de mobiliser sur la connaissance et les attitudes en matière de VIH/SIDA.

Cours francophone : La promotion de l’usage rationnel des médicaments

EPN a la grande joie de vous informer qu’il organise en collaboration avec l'OMS Genève, un cours en français sur «La promotion de l’usage rationnel des médicaments», du 29 novembre au 11 décembre 2004. Suite au succès du tout premier cours francophone sur le sujet qui s’est tenu l’année dernière à Kigali au Rwanda, ce cours se déroulera cette année à Ouagadougou au Burkina Faso.

Les personnes intéressées pourront demander plus d’informations sur les objectifs de ce cours, le programme, la fiche de candidature et les frais d’inscription à l’adresse suivante : epn.faso@cenatrin.bf. La date de clôture pour la réception des candidatures est fixée au 17 octobre 2004.

Nous nous attendons à un cours fort intéressant et espérons recevoir bon nombre de représentants des organisations confessionnelles !

Bulletin MEMS: Edition No.3

Le bulletin de MEMS ("Mission pour le Matériel Médical et les Services Essentiels") est à présent disponible sur http://health.elct.org/projects/newsletter3.pdf (en anglais seulement). Il comprend entre autre des mises à jour de différents aspects de leur projet en cours, qui est «La mise en place d’un service novateur et d’un système d’approvisionnement afin d’améliorer l’accès et l’usage de médicaments et d’équipement de qualité».

Article: « Le PEPFAR est-il un prince charmant ou un cheval de Troie? »

La coordinatrice de EPN Eva Ombaka et le président du Conseil Albert Petersen ont écrit cet article où ils soulèvent les préoccupations autour du Plan d’Urgence du Président des Etats Unis contre le SIDA (PEPFAR):

On estime qu’aujourd’hui plus de 38 millions de personnes vivent avec le VIH/SIDA et que 6 millions d’entre eux ont urgemment besoin de traitement alors que seulement 400 000 obtiennent les antirétroviraux, un traitement pour prolonger la vie. Face à ce désastre, la réaction du monde, à travers un certain nombre de mécanismes de financement dont le Plan d’Urgence du Président des Etats Unis contre le SIDA (PEPFAR), ne peut qu’être saluée. Cependant, le PEPFAR est-il un prince charmant qui arrive dans ce contexte de grand besoin ou un cheval de Troie susceptible de causer des dommages à long terme ? Voici une question qui a préoccupé le conseil du Réseau Pharmaceutique Œcuménique (EPN) dont les membres sont issus des services de santé confessionnels et leurs unités d’approvisionnement en médicaments.

Les fonds universels tels le Fonds Mondial pour le VIH/SIDA, la Tuberculose et le Paludisme (GFATM) tout en pourvoyant des fonds pour l’approvisionnement en médicaments, ont également travaillé au renforcement d’infrastructure et au développement des plateformes pour les gouvernements et la société civile afin de définir des priorités spécifiques aux pays. Tout ceci vise à parvenir à des systèmes de soins de santé durables. Les inconvénients y afférents étaient les difficultés à soumettre sa candidature pour ces fonds et la lenteur dans l’exécution des plans dans des situations d’urgence. Par conséquent, les partenaires sont découragés puis recherchent et s’ouvrent à d’autres alternatives.

En 2003, le gouvernement des Etats-Unis a commencé un programme de 15 milliards de dollars dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA pour une période de cinq (05) ans (PEPFAR) afin que deux (02) millions de personnes puissent accéder aux traitement d’ici à 2008. En 2004, plusieurs contacts et contrats entre PEPFAR et des hôpitaux, des ONG et des organisations confessionnelles (FBO) ont été développés et il semble que la finalité d’atteindre 190 000 personnes par le traitement d’ici la fin de cette année sera atteinte. C’est très encourageant! Mais cela est possible seulement parce qu’il s’agit d’un programme entièrement vertical. Les décisions se prennent aux Etats-Unis et un système très détaillé conduit essentiellement par des organisations des Etats-Unis est introduit donnant lieu à une bureaucratie minimale au niveau national. Cette manière de travailler, pratique et axée sur les résultats a permit une identification très rapide des hôpitaux et un approvisionnement immédiat en médicaments dont ils ont besoin. Un certain nombre des membres de EPN sont impliqués dans le système et plusieurs autres pourraient s’y joindre. Mais quels sont les pièges de ce système ?

Les membres  du conseil de EPN, après leur réunion les 29 et 30 juillet 2004 à Abuja au Nigeria et après avoir analysés les documents disponibles et appris des expériences des autres membres, suggèrent que plusieurs points du modèle PEPFAR soient négociés ou même modifiés si la durabilité et l’indépendance doivent être maintenues. Les partenaires de la mise en œuvre au niveau local doivent être particulièrement prudent et s’assurer qu’ils obtiennent un soutien durable pour leurs organisations et les meilleurs soins et traitements pour les personnes qu’ils servent.

Le conseil a particulièrement mis l’accent sur les domaines suivants :

Les programmes à un seul bailleur de fonds sont enclin à l’instabilité politique

Le PEPFAR est un programme financé par les Etats-Unis qui peut être influencé ou terminé par des changements politiques entre le pays et les Etats-Unis ou par tout autre changement de politiques aux Etats-Unis. Bien que l’on souhaite que ce cas ne se présente pas, il est toutefois impératif pour les pays de continuer à soutenir les programmes qui couvrent plusieurs pays tels le Fonds Mondial dont les décisions ne dépendent pas d’un seul pays.

La décision sur les protocoles de traitements doit être nationale

Le PEPFAR exige que les médicaments utilisés dans le programme soient approuvés par le FDA (favorisant ainsi les produits des Etats-Unis) ou «un organe de régulation rigoureux» (mais pas le programme pré-qualification de l’OMS). Cela signifie que les médicaments seront des produits de marques chères qui peuvent ne pas nécessairement être ceux du protocole national de traitement et qui ne peuvent pas être pérennisés par le système sanitaire à la fin du projet.
Il est donc nécessaire que le programme national contre le SIDA ou un organe similaire soit consulté et que les protocoles nationaux de traitement par des médicaments inscrits sur la liste des médicaments essentiels au niveau national soient suivis. Cela permettra de s’assurer que les patients obtiennent les médicaments qu’eux et le système sanitaire pourraient se procurer même si le programme PEPFAR arrivait à terme.

Soustraire les médicaments contre les infections opportunistes (IO) de l’approbation de FDA

La clause de PEPFAR qui exige l’approbation du FDA, s’applique également aux médicaments contre les infections opportunistes (IO). Les médicaments contre les infections opportunistes sont pour la plupart produits localement. Les initiatives locales en vue de construire et de renforcer l’industrie locale ont permit que la plupart de ces médicaments soient aussi disponibles en génériques de bonne qualité. Utiliser uniquement les produits approuvés par le FDA les rendront très chers et à long terme, cela pourrait mettre en péril les industries locales et partant menacer la pérennisation des chaînes d’approvisionnement existantes. On ne devrait éviter cela.

En outre, contrairement aux ARV, ces médicaments ne sont pas utilisés exclusivement pour les malades du VIH/SIDA et ce ne sont pas non plus tous les malades du VIH/SIDA qui ont besoin des médicaments contre les IO qui bénéficieront des ARV financés par le PEPFAR.

Une condition où certains patients reçoivent différentes marques des mêmes médicaments créera donc au sein d’une institution un système pour plusieurs groupes de malade, conduisant non pas seulement à des incompréhensions mais également à du travail supplémentaire pour un personnel de santé déjà surchargé. On ne devrait pas non plus permettre que cela se produise.

Soutenir le système de pré-qualification de l’OMS

Le PEPFAR ignore aujourd’hui le système de pré-qualification de l’OMS, un système qui a permit que les alternatives de génériques de bonne qualité et moins chers soient disponibles pour beaucoup de personnes ayant besoin du traitement. De plus, les campagnes d’accès soutenues par les gouvernements, les agences des Nations Unies y compris l’OMS, les ONG et plusieurs groupes de la société civile ont réussi à encourager la fabrication des génériques. La concurrence qui en a résulté, a entraîné la baisse des prix des ARV aussi bien génériques que spécialisés. La poursuite de cette concurrence et l’incitation à produire d’autres formes de dosages facilement utilisables pourraient être entravées si le programme PEPFAR doit continuer à ignorer ce processus mondial essentiel. On doit y résister tant au niveau local qu’international.
Cela signifie aussi, qu’il faut encourager et soutenir les industries locales au niveau national afin d’améliorer la qualité pour rechercher la pré-qualification de l’OMS.

Systèmes de gestion des chaînes d’approvisionnement

Le PEPFAR est dans un processus d’élaboration de plans pour des contrats de gestion de chaîne d’approvisionnement qui offriront un système de distribution des médicaments nécessaires. Alors que les termes du contrat définitif sont toujours en cours de négociation, le contrat provisoire présente certaines clauses qui suscitent des préoccupations. Cela inclut également le manque de précision sur le renforcement des capacités locales là où il y a déjà un afflux d’expatriés et d’organisations étrangères dans les pays désignés pour bénéficier du soutien de PEPFAR. En autres, il y a la restriction dans l’utilisation des équipements financés par le PEPFAR, l’exclusivité des données au gouvernement des Etats-Unis et l’engagement des partenaires en faveur des objectifs non spécifiés du gouvernement des Etats-Unis en matière de santé et de développement. Des efforts doivent être faits afin de s’assurer que ces préoccupations sont prises en compte dès le début.

Le PEPFAR a le potentiel pour faire la différence. Cependant, afin de garantir la durabilité des programmes et briser le joug de la dépendance et construire la dignité nationale, le soutien devrait assurer la pleine participation et le renforcement de capacité des partenaires locaux et des infrastructures existantes. Pendant que le PEPFAR met l’accent sur l’accès au traitement dès que possible pour les malades, son approche verticale avec un seul bailleur de fonds pourrait mettre en péril le système qu’il doit consolider.

Actuellement les options pour le traitement du VIH/SIDA exigent la prise des médicaments toute la vie. Pour ce faire, la réflexion sur le long terme devrait être une composante essentielle de tout programme de financement.

—fin—
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